Les meilleurs joueurs de pony-games du moment étaient convoqués pour un stage de sélection au Parc équestre fédéral, à Lamotte-Beuvron (41). Près d’une soixantaine de couples, évoluant de la catégorie U12 à Open, ont fait le déplacement les 21 et 22 février pour un regroupement au programme très complet et qui revêtait un enjeu tout particulier à quelques mois des championnats du monde de la discipline sur ce même site. Jonathan Marion, entraîneur national, a évoqué les prochains temps forts ainsi que les championnats du monde au Parc équestre fédéral.
Ce stage annuel de sélection est naturellement positionné sur le mois de février, à une période où toutes les zones de vacances scolaires coïncident, permettant ainsi aux joueurs en U12, U15 et U18 d’être disponibles. Les Seniors - catégorie Open - sont également convoqués et ce sont ainsi 56 couples qui ont évolué sous les yeux du staff fédéral pendant deux jours.
Cette revue des troupes, à l’aube de la reprise de la saison, comportait des séances techniques spécifiques au pony-games avec les entraîneurs nationaux Jonathan Marion et Nicolas Noesser. “Lors de la première séance, nous avons évalué le niveau de chacun, tout en nous assurant de leur capacité à jouer ensemble et en révisant certains jeux. La seconde séance rentrait plus dans un processus de sélection avec une mise en situation de compétition”, précise Stéphane Tardif, conseiller technique national en charge de la discipline.
Un programme enrichi avec du travail sur le plat et des activités de cohésion
Alors qu’un stage Jeunes de concours complet se tenait en parallèle ce week-end là, le choix a été fait de mutualiser les intervenants. Paul Barret, membre de l’équipe de France Jeunes cavaliers et enseignants d’équitation, est ainsi intervenu pour le travail sur le plat, apportant un regard extérieur bienvenu. Cette transversalité entre les disciplines a été appréciée, tout comme l’ensemble du stage, par les participants. En préparation physique, Charles Le Navenec a également réalisé plusieurs séances avec les cavaliers présents, avec tout d’abord une batterie de tests puis la réalisation d'exercices spécifiques liées aux compétences physiques des joueurs, donnant à chacun des outils pour pouvoir améliorer sa condition physique et sa symétrie.
Intervenant privilégié pour l’équipe de France de pony-games en préparation mentale, Franck Larrey a poursuivi son travail auprès des joueurs. Pour les jeunes, la volonté était d’offrir une sensibilisation sur cette thématique centrale. Celle-ci a été adaptée pour les U12, afin de rendre l’intervention la plus pertinente possible, précise Stéphane Tardif : “Nous avons choisi de faire de la préparation mentale intégrée, c'est-à-dire que Franck s'est déplacé sur les séances techniques, où il a pu échanger directement avec les cavaliers et leurs entraîneurs privés. L’objectif était de leur donner des outils concrets, à utiliser sur le terrain. Dans un second temps, il a débriefé avec les jeunes en salle”. Pour ceux qui évoluent en Open, un groupe qui est relativement stable depuis pratiquement cinq ans, des temps individuels ont été proposés, permettant d’aller plus loin concernant cet outil à la performance.
Enfin, un temps de cohésion était programmé, avec la volonté de favoriser les liens entre les différents groupes d'âge. Chaque joueur en U12 a bénéficié d’un parrain issu de la catégorie Open, les U15 et les U18 ont également été mélangés. Par équipe d’une quinzaine de cavaliers, ils ont préparé pendant une heure le spectacle de leur choix et l’ont présenté le dimanche midi, devant une assemblée composée de leurs coéquipiers et de leurs accompagnants.
On notera que des leçons d’anglais ont été dispensées par la coach franco-irlandaise Helen McAuliffe aux plus jeunes, avec des mises en situation leur permettant de consolider leurs notions et ainsi favoriser les échanges avec les concurrents étrangers.
Cap sur la saison 2026
Ce regroupement fédéral a permis d’échanger avec les entraîneurs privés sur la saison sportive, évoquer le processus de sélection, les objectifs intermédiaires, etc. Les joueurs présents constituent un groupe France élargi. Le staff fédéral les observera encore à plusieurs reprises en compétition, jusqu’au PMG de Fontainebleau qui sera le dernier concours de sélection. A la suite, début juin, la sélection pour les championnats d’Europe (3 au 9 août au centre équestre de La Bonde - 27) ainsi que les championnats du monde, qui se tiendront du 10 au 16 août à Lamotte-Beuvron, sera annoncée.
L’interview de l’entraîneur national Jonathan Marion
Pouvez-vous évoquer les liens créés entre l’encadrement fédéral et les clubs concernant la discipline ?
Des stages de détection régionaux se sont tenus lors des vacances de la Toussaint et de fin d’année. Ils ont été organisés par les Comités régionaux d’équitation sur le modèle du Printemps du Style et des Rencontres du pony-games, avec de la formation d’officiels, formation enseignants, des stages pour les cavaliers et un volet détection.
Avec Nicolas Noesser, nous sommes présents sur la plupart des compétitions avec nos équipes de club. À ces occasions, nous pouvons échanger avec les cavaliers et les entraîneurs, conservant ainsi un lien permanent.
Le stage de février est une étape importante car il s’agit du seul stage fédéral de la saison lors duquel nous évoquons les points importants de la saison sportive, répondons à toutes les interrogations et donnons nos objectifs à venir.
Quels seront les prochains temps forts en pony-games ?
Les joueurs évoluent toute l’année sur le circuit PMG et nous avons également deux étapes importantes dans le processus de sélection qui sont :
Ces championnats nous permettent de voir tous les joueurs concourir sur le même terrain, d’évaluer les niveaux et les progressions sur des compétitions dont les enjeux se rapprochent de ceux que nous retrouvons en championnats internationaux.
Les groupes France vont peu à peu évoluer, en sachant qu’ils restent ouverts et qu’il est possible que certains cavaliers l’intègrent. À l’issue du Grand Tournoi, nous devrions avoir identifié sept à huit joueurs pour sélectionner des équipes de six cavaliers en juin.
En juin, les sélections pour les championnats internationaux seront annoncées. Quelle sera la suite de la préparation ?
En U12 et U15, les championnats d’Europe se jouent au cumul de six sessions ; la première est aussi importante que la dernière. Comparé à nos concurrents qui jouent souvent ensemble, nous avons tendance à prendre un peu de retard au départ, le temps que les automatismes se mettent en place. Nous prévoyons donc un concours pour les sélections U12 et U15 le week-end du 20 juin au Logis du Poney (86).
En U18 et Open, proposer une compétition de préparation est plus compliqué. Nous sommes en période de bac et il est également important pour nous de ne pas pénaliser les clubs et leurs sponsors en convoquant leurs joueurs sur une compétition où ils vont normalement concourir avec leur équipe.
Il restera ensuite le Generali Open de France, où nous reverrons les joueurs (hors catégorie Open) dans leurs équipes de club avant d’attaquer la dernière ligne droite de la préparation, qui se fera au sein de leur structure avec leur entraîneur privé et un programme élaboré avec le staff.
Les Open, eux, auront tout le mois de juillet pour optimiser leur préparation et celle de leurs chevaux. Nous leur faisons entièrement confiance, ils ont toujours préparé au mieux les championnats ces dernières années.
Nous aurons enfin les entraînements qui précèdent les championnats sur place pour les derniers réglages, comme le choix des ordres de passage sur chaque jeu.
Après les championnats d’Europe en 2024, le Parc équestre fédéral accueillera du 11 au 16 août les championnats du monde par équipes U18 et Open…
Depuis quelques années, le nombre de championnats internationaux organisés en France augmente, ce qui est un facteur de motivation pour tout le monde. En 2024, tout s'est très bien passé lors de ces championnats au Parc équestre fédéral. Cette fois-ci, entre quinze et vingt nations seront représentées : les pays européens bien sûr, mais aussi le Canada, l’Australie, les USA ou encore la Nouvelle-Zélande, qui évolueront avec des chevaux loués. Si cela apporte naturellement un petit désavantage, elles restent des équipes compétitives, d’autant que les clubs français jouent vraiment le jeu en proposant des chevaux d’un très bon niveau à la location. Chacun attend donc cet événement avec impatience et nous sommes très heureux de ce rendez-vous multidisciplinaires. En effet, avec les championnats d’Europe de horse-ball et de tir à l’arc à cheval, nous souhaitons proposer un événement qui permette de promouvoir trois disciplines sur lesquelles nous devons capitaliser. Elles permettent en effet d’attirer des publics dont la Fédération a besoin : garçons, adolescents, adultes, familles…
Ce sera l’occasion de venir découvrir ces disciplines grâce à un accès libre et de venir encourager nos Français !
Quels sont les objectifs de l’équipe de France aux championnats d’Europe de La Bonde puis aux championnats du monde de Lamotte-Beuvron ?
Nous voulons gagner le maximum de titres et terminer meilleure nation des compétitions auxquelles nous prenons part. Avec deux championnats qui se suivent, il est possible que nous alignions des équipes avec moins d’expérience, sur un des championnats, afin de les aguerrir et conserver des équipes compétitives dans les années à venir. Monter sur le podium serait alors un objectif sûrement plus réaliste.
À Lamotte, nous avons un sentiment d’inachevé avec une fin de finale des championnats d’Europe Open un peu compliquée en 2024. Cette année sera l’occasion de prendre notre revanche ici lors d’une compétition qui nous réussit bien en ce moment. Tous les joueurs et le staff ont envie de continuer cette série exceptionnelle de quatre victoires sur les cinq dernières éditions de ces championnats du Monde.
Rendez-vous du 11 au 16 Août au Parc équestre fédéral !