Dans le cadre du suivi longitudinal des chevaux de haut niveau, de nombreux professionnels les entourent, ainsi que leurs cavaliers et propriétaires. Parmi eux, un pool de vétérinaires fédéraux dont fait partie Tristan Deguillaume, désormais aux côtés de l’équipe de France Seniors de saut d’obstacles après avoir évolué aux côtés des Jeunes. On a évoqué avec lui l’importance de la prévention.
Tristan Deguillaume, vétérinaire praticien à Saint-Léonard-de-Noblat (87), a été vétérinaire fédéral auprès de l’équipe de France Jeunes de saut d’obstacles de 2022 à 2024 puis précédemment auprès de l’équipe de France de western. Depuis quelques mois, ce sont les Seniors qu’il suit, comme lors de la finale de la Coupe du monde FEI à Bâle au printemps 2025 ou lors des championnats d’Europe de La Corogne en juillet dernier.
Prévenir, plutôt que guérir, est possible en prenant en compte plusieurs axes complémentaires comme la prévention sanitaire, une alimentation adaptée, un environnement répondant aux besoins naturels des équidés ou encore l’éducation et la responsabilisation des cavaliers. “La prévention, c’est une attention de tous les jours aux écuries, mais aussi une vigilance au travail et en concours. Il s’agit de rester à l’écoute face à de potentielles manifestations alertantes. Il faut aussi anticiper un maximum ce qu’on va demander à notre poney ou cheval en fonction des compétitions, du niveau d’effort, de la préparation demandée. Prévenir, c’est gagner”, résume Tristan Deguillaume.
C’est pourquoi la Fédération a décidé de mettre l’accent sur cette thématique le plus tôt possible dans la carrière des cavaliers. Des temps sont dédiés lors des stages fédéraux à une inspection des poneys et chevaux dès les catégories Jeunes, ainsi que des présentations suivies d’échanges en salle. “Nous faisons un état des lieux avec l’équipe qui entoure le cheval, qui tient compte de son environnement et de la santé de tous les systèmes”, commence Tristan Deguillaume. “J’étais notamment intervenu auprès des Jeunes avec le Dr Julie Dauvillier sur les conditions du cheval de sport, sa santé digestive, cardio-respiratoire, musculaire et pulmonaire, de son système locomoteur, etc. Parmi les autres sujets abordés, on retrouve la ferrure, des conseils pour les transports, le rôle des inspections vétérinaires en concours et la façon dont elles se préparent, ou encore l’importance d’un suivi vétérinaire régulier par le vétérinaire traitant tout au long de la saison. On aborde également la prévention concernant le dopage, afin de les sensibiliser aux contaminations environnementales et sur la vigilance chez eux avec les compléments alimentaires notamment.”
La relève tricolore est ainsi de plus en plus professionnalisée, comme leurs aînés. “Chez les Seniors, la prévention fait partie du quotidien. Il y a toute une équipe autour des chevaux : groom, maréchal-ferrant, vétérinaire traitant, dentiste, physiothérapeute… qui se concertent et travaillent ensemble.” S’ajoutent à cette liste les vétérinaires fédéraux, qui établissent actuellement un calendrier de suivi des chevaux jusqu’aux championnats du monde l’été prochain.
En plus de participer à la performance globale des couples, la prévention renforce le bien-être des chevaux autant en compétition qu’en-dehors car elle permet d’anticiper les problèmes avant qu’ils n’affectent leur santé physique ou mentale. Elle est ainsi essentielle pour préserver l’intégrité physique, prévenir la douleur et le stress, favoriser un comportement équilibré, assurer un environnement adapté et in fine, renforcer la relation humain–cheval.
De ce fait, la prévention dans le domaine vétérinaire n’est pas réservée qu’aux poneys et chevaux de sport de haut niveau, bien au contraire. Ce principe s’applique également à la cavalerie de club. Des pratiques simples peuvent ainsi protéger leur santé au quotidien et le plus longtemps possible. “Cela passe par un volet de protection des effectifs via la vaccination, le suivi de la vermifugation, celui de l’état corporel pour réajuster les rations alimentaires, ou encore par la vérification du bon état de la bouche des poney et chevaux”, conclut Tristan Deguillaume.