Une trentaine de couples Poneys ont été convoqués pour un stage fédéral les 22 et 23 décembre à Lamotte-Beuvron (41). Au programme, du travail technique pour progresser à cheval mais également d’autres interventions englobant tous les aspects de la performance : préparation physique et mentale, media-training et gestion des réseaux sociaux ainsi que, nouveauté cette année, une sensibilisation au cyberharcèlement.
Media-training et réseaux sociaux
Maryline Millet Lesage, conseillère technique nationale en charge des Jeunes de saut d’obstacles, a évoqué sa “mission première d’éducatrice. Cela me tient à cœur de transmettre le maximum d’informations d’où le planning très riche du stage pour enrichir et accompagner les jeunes dans leurs pratiques sportives.”
Comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années pour les Seniors, le staff a souhaité que la relève puisse bénéficier d’un temps pour le media-training afin de préparer au mieux les jeunes cavaliers à donner suite aux sollicitations médiatiques, qui peuvent intervenir très tôt dans leur carrière. Pour cela, Sophie Aujard Boucan, attachée de presse au sein de la Fédération, a abordé avec eux les fondamentaux de l’environnement médiatique et les clés de la relation avec les journalistes, avant de leur proposer une mise en pratique avec des cas concrets d’interviews.
Ce temps a été complété par des échanges sur la gestion des réseaux sociaux. Eugénie Martin et Maïwen Serrette, respectivement social media manager et community manager de la FFE, sont intervenues pour présenter l’écosystème digital, questionner les jeunes sur leurs habitudes et apporter quelques conseils pour une gestion raisonnée et efficiente des réseaux sociaux.
Nouveauté : une sensibilisation au cyberharcèlement
Selon l'Étude Caisse d’Epargne – Association e-Enfance / 3018 de 2025, 37% des jeunes de 6-18 ans ont été touchés par le harcèlement ou le cyberharcèlement. Le cyberharcèlement touche aujourd'hui 18% des 6-18 ans et 25% des jeunes filles en sont victimes au lycée. Face à l’ampleur prise par le cyberharcèlement, le terrain du numérique étant propice à son expansion, une sensibilisation était programmée en fin de la première journée de stage. Celle-ci a été menée par Joan Lazare, co-gérante d’écurie, formatrice en entreprise et intervenante sur ce sujet en milieu scolaire.
Le cyberharcèlement peut se définir comme “un acte agressif, intentionnel, perpétré par un individu ou groupe au moyen de formes de communications électroniques, de façon répétée, à l’encontre d’un autre individu ou d’un groupe.”
Dans un monde de plus en plus connecté, où la frontière entre le monde réel et virtuel s’estompe totalement, tout le monde peut se retrouver concerné et confronté au cyberharcèlement, sans pour autant avoir commis une erreur pour être victime ni pour être harceleur. La présentation a mis en lumière également le rôle du témoin, ainsi que quelques cas réels comme le happy slapping, la violation d’identité, les rumeurs, les sms violents ou agressifs, les photos/vidéos publiées et modifiées sans autorisation ou encore les menaces et insultes. Face à cela, l’entourage occupe une place importante et, que l’on soit victime ou témoin, il ne faut jamais avoir honte d’en parler aux parents, amis, staff fédéral ou professionnels. Les numéros d’urgence sont les suivants :
Pour rappel, le cyberharcèlement est un délit puni par la loi, jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45000e d’amende.
Pour aller plus loin, un document a été transmis par mail avec des ressources disponibles (livres, podcast) et le rappel des numéros d’urgence. En conclusion de cette intervention réalisée notamment en présence des entraîneurs privés et parents, le staff fédéral a rappelé qu’il restait vigilant pour protéger chacun et à l’écoute si besoin, tout comme les permanents de la Fédération sur l’ensemble des sujets évoqués lors des stages fédéraux.
De la préparation physique et mentale
Charles Le Navenec, préparateur physique et réathlétiseur, a poursuivi son implication auprès des catégories Jeunes. Après avoir vu ceux du concours complet quelques jours avant, il a accompagné ceux de saut d’obstacles Poneys pour une batterie de tests physiques. Une session qui s’est poursuivie par l’envoi individualisé de protocoles courts à mettre en place à la maison.
Maxime Chataignier, lui aussi intervenant régulier des stages fédéraux, a abordé avec les différents groupes les bases de la préparation mentale. Il a complété cette “mise en place de fondations” en ajoutant que “le meilleur préparateur mental que vous pouvez avoir est votre entraîneur”, encourageant ainsi chacun à favoriser son autonomie et effectuant le parallèle avec la locomotive d’un train : “Prenez le bénéfice de chaque séance pour vous construire en tant que personne. Ce que vous vivez est un tremplin pour accomplir de belles choses dans votre vie. Au quotidien, absorbez autant que vous le pouvez comme une éponge.”
Le travail technique au cœur des stages fédéraux
Olivier Bost, sélectionneur national et chef d’équipe Jeunes, a rappelé le caractère indispensable du travail sur le plat. C’est pour cela que, comme cela se fait depuis plusieurs années maintenant avec succès, les séances de travail à l’obstacle ont été précédées d’un temps de préparation sur le plat avec Muriel Leonardi, sélectionneuse nationale et cheffe d’équipe de dressage Jeunes, et Véronique Bartin, professeur de la méthode Alexander et sélectionneuse nationale de saut d’obstacles Vétérans. Dans cette recherche du bon fonctionnement et positionnement, il faut noter une évolution globale des jeunes cavaliers stage après stage.
Une évolution sur le plat qui se constate en saut d’obstacles, a confirmé Bertrand Poisson, formateur technique Poneys : “Il est important de bien travailler sur les bases des fondamentaux, qu’elles soient solides avant de vouloir être plus pointus.” Avec Olivier Bost, il a proposé des exercices permettant de travailler l’impulsion, la connexion, la précision notamment de la trajectoire, sans aller sur de la hauteur.
Par ailleurs, vingt autres cavaliers de quatorze ans et moins, identifiés à la suite de la détection menée aux vacances de la Toussaint, ont été invités les 29 et 30 décembre au Parc équestre fédéral, où ils ont été encadrés par Véronique Bartin et Bertrand Poisson sur le même principe d’un travail sur le plat préparatoire à celui sur les barres.
Ces regroupements sont également l’occasion de présenter aux cavaliers, entraîneurs privés et accompagnants la saison sportive 2026. Les Jeunes évolueront sur les circuits de Tournées des As (TDA) et Super As pour ceux à poney et Grand National pour ceux à cheval. Deux grands objectifs ont été identifiés : le CSIO de France Jeunes (15 au 19 avril, Compiègne - 60), le championnat de France des As (14 au 17 mai, Deauville - 14 et pour les Poneys du 4 au 12 juillet au Generali Open de France). En fonction des performances en compétitions, un projet sportif pour les échéances internationales sera défini, avec en ligne de mire les différentes Coupes des nations et championnats d’Europe à l’été. En conclusion, Olivier Bost a encouragé tous les cavaliers à rester motivés et à travailler dur dans la poursuite de leurs objectifs, rappelant que le “Groupe France reste ouvert, tandis que l’équipe de France n’appartient à personne.”