Le mountain trail se développe à l’international en intégrant la liste des disciplines sous l’égide de la Fédération Internationale de Tourisme Équestre (FITE), présidée par Frédéric Bouix. Un championnat d’Europe verra ainsi le jour à l’été 2026, en vue duquel Edouard Lepoutère a été nommé référent technique pour l’équipe de France. Discipline qui se pratique à cheval comme à pied, le mountain trail met en valeur le parfait cheval d’extérieur.
Le mountain trail, sixième discipline sous l’égide de la FITE
La Fédération Internationale de Tourisme Équestre (FITE) a pour vocation l’encadrement du tourisme équestre à l’international et la mise en œuvre de la promotion de l’équitation d’extérieur. Elle encadre plusieurs disciplines : le TREC, le TREC en attelage, l’équitation de travail, le ski-joëring, le tir à l’arc à cheval et, depuis son assemblée générale 2025, le mountain trail.
“La FITE se réjouit de l'intégration de cette nouvelle discipline. Les qualités de confiance, de calme et de volonté propres au cheval de mountain trail font directement écho aux compétences attendues d'un cheval d'extérieur. Dans la lignée de cette inclusion, un championnat d’Europe Jeunes et Seniors est créé ; l'année 2026 est une phase expérimentale. À la suite, une commission officielle sera créée à l'automne”, partage Frédéric Bouix, président de la FITE.
Un groupe de travail, composé de Thierry Maurouard, délégué technique de la FITE, ainsi que d'experts italiens et français, a été constitué, permettant d'élaborer une base de règlement international. Celui-ci, fruit d'une synthèse entre les règlements italiens et français, est également inspiré du règlement fondateur rédigé par les Américains Mark et Lee Bolender.
Parmi les acteurs qui ont porté ce projet se trouve Sébastien Degroote, dirigeant des écuries du Pommier d’Argent (10) et juge national de mountain trail : “Je pratique la discipline en France depuis 2014 et j'ai évolué jusqu’en Amateur Élite. Parallèlement à mon engagement sportif, je suis impliqué depuis plusieurs années dans le développement du mountain trail. Je forme les officiels de compétition et je me déplace tout au long de l’année dans différentes structures afin de le faire découvrir, d’en expliquer la philosophie et d’en accompagner la mise en place. L’intégration du mountain trail à la FITE représente pour moi une avancée majeure pour la discipline. Elle permet d’élargir la vision, d’inscrire le mountain trail dans une dynamique internationale et d’accéder à des compétitions d’un niveau supérieur. Enfin, cette discipline s’inscrit pleinement dans le tourisme équestre, qui représente à mes yeux une voie d’avenir pour l’équitation, à la fois respectueuse du cheval, du cavalier et des territoires.”
Il était accompagné de Virginie Moliner du centre équestre Pleine nature (34), également officielle de compétition. “La découverte de cette discipline nous a permis d'aider les cavaliers à mieux connaître, observer et comprendre les chevaux. Notre cavalerie de club a vraiment gagné en sérénité, nos cavaliers ont aussi appris à maîtriser leurs peurs et à observer l'attitude des chevaux et poneys. Le mountain trail est, pour moi, une discipline indispensable pour aider les chevaux et les cavaliers quelle que soit leur discipline de prédilection. L'arrivée du Mountain Trail à la FITE est une véritable opportunité car elle permet de travailler d'un commun accord avec les autres pays qui pratiquent aussi la discipline. Le travail mené lors de l'élaboration du règlement a été un moment riche en partage des pratiques des pays présents mais aussi de la discipline en elle-même afin que les apports de chacun puissent permettre d'aboutir à un règlement qui fasse évoluer la discipline dans le bon sens et toujours dans le respect du bien-être du cheval et d'une relation de qualité”, exprime-t-elle.
Le mountain trail, une discipline dans l’air du temps, accessible à tous
Depuis 2019, le mountain trail fait partie des disciplines intégrées (sous l’intitulé “équitation américaine”) à la délégation accordée à la FFE par le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. Cela se pratique aussi bien à pied qu’à cheval ! C’est ainsi une discipline idéale pour s’initier à l’équitation ou pour renforcer le lien de confiance avec sa monture et créer une connexion plus forte. Le fait de pouvoir appréhender les dispositifs à pied avant de les reproduire, si on le souhaite, à cheval, présente de nombreux avantages. Que l’on soit un pratiquant occasionnel ou régulier, ou même que l'on soit totalement débutant, le mountain-trail permet de s’amuser avec les poneys et les chevaux de manière sécurisée, toujours en étant encadré par un enseignant diplômé.
Pour les cavaliers plus aguerris, le franchissement des dispositifs fait travailler la rectitude de son cheval et la justesse du tracé, ce qui est finalement recherché lors de la pratique de toutes les disciplines équestres. Cela demande également de la rigueur et de la précision dans les demandes - essentielles quand il faut faire pivoter sa monture à 360° dans un espace délimité d’un mètre carré sans qu’un sabot ne sorte - et de la franchise dans l'exécution. Sa pratique se révèle donc transversale et complémentaire que l’on soit adepte de saut d’obstacles, de complet, de dressage ou encore de hunter…
Un championnat d’Europe à l’été
Un championnat d’Europe se tiendra en Italie, fin juillet/début août (dates et lieu à confirmer). Pour cette grande première, deux catégories sont retenues : les Seniors et les Jeunes (cavaliers âgés de douze à dix-huit ans inclus). Chaque nation pourra aligner jusqu’à six concurrents, dont 3 ou 4 composeront l’équipe nationale, les deux autres concourant uniquement en individuel.
Une première compétition internationale, organisée le 3 mai prochain aux écuries du Pommier d’Argent, Maraye-en-Othe, fera office de test pilote.
Edouard Lepoutère, référent technique national
Pour la France, Edouard Lepoutère a été nommé référent technique national. Formé au horsemanship - l’éducation du cheval - au haras de la Cense et dans le Montana, aux États-Unis, il a toujours apprécié travailler en extérieur, avec les jeunes chevaux notamment, et s’est naturellement tourné vers le mountain trail quand la discipline s’est structurée.
“Je ne suis pas un compétiteur né mais j'ai toujours eu envie de préparer des chevaux, de devenir un bon technicien et de trouver les clés qui vont débloquer les cavaliers. J’ai sélectionné des concours clés pour me déplacer et rencontrer les cavaliers. La volonté est de sélectionner des personnes qui ont une bonne éthique avec leurs chevaux - la qualité de la relation est notée - et qui ont créé quelque chose de solide. Il faudra des couples avec des résultats réguliers, sur lesquels nous pourrons compter quand on les amènera sur de nouveaux terrains. J’aimerais créer un vrai esprit d'équipe et surtout de l’entraide au sein de l’équipe de France ; c'est une nouvelle discipline et, techniquement, tout le monde a quelque chose à apporter. Concernant le championnat d’Europe, c'est la première année. Nous donnerons notre maximum pour bien faire, appréhender le règlement et nous tirerons des enseignements pour la suite. Il y aura très certainement un stage avant de partir pour peaufiner la préparation. En tout cas, il s’agit d’un énorme coup de projecteur pour la discipline. Je remercie la Fédération pour son investissement et la mise en avant du mountain trail, qui montre qu’il est possible de faire travailler les chevaux aussi bien montés qu’à pied. Sa pratique est transverse car au final, peu importe la discipline pratiquée, nous avons tous besoin des mêmes choses : calme en avant et droit”, partage-t-il. Motivé par son nouveau rôle au service de la discipline, il souhaite également se rendre sur le terrain, en lien avec la direction technique nationale, “pour harmoniser et vérifier la sécurité des dispositifs des horseparks et échanger avec les dirigeants pour, qu’à terme, une vingtaine de terrains maillent le territoire. Il y a une vraie demande des cavaliers, cela créerait de l'activité dans les clubs et des rencontres.”
Déroulement du championnat, avec deux nouvelles épreuves spécifiques
Comme le stipule le règlement, un parcours se compose de huit à seize dispositifs, dont au moins six doivent être choisis dans la liste des vingt-trois dispositifs obligatoires.
Le championnat se composera de quatre phases :
Pour les phases en main et en selle, l’objectif est de voir un cheval dans le mouvement, en avant vers les dispositifs, dans son allure naturelle, en concordance, avec sa race, ainsi que sa conformation. Le parcours doit être réalisé dans une allure naturelle, relâchée et sans précipitation. Le cheval doit maintenir une cadence naturelle et régulière. Chaque dispositif est évalué : le juge attribue une note de 0 à 10 en fonction de la manière dont le binôme a abordé l’obstacle, selon :
Les deux dernières épreuves ont été spécialement créées pour les championnats FITE, afin de mettre en valeur le très haut niveau relationnel et technique entre le cavalier et son cheval, tout en intégrant une dimension plus spectaculaire pour le public. Dans un temps imparti défini par le chef de piste, les concurrents devront franchir les dispositifs de leur choix, chacun disposant d’un coefficient en fonction de sa difficulté. Chaque manœuvre accorde un nombre de points défini au règlement, tandis que des points bonus peuvent être attribués (entrée ou sortie en pas de côté ou en reculant, par exemple).