Interview de Kevin Staut

01/09/2009

Interview de Kevin Staut

(crédit : FFE/PSV/Bricot)

Auteur d'un fantastique exploit à Windsor, où il est devenu ce dimanche Champion d'Europe individuel, Kevin Staut nous raconte ses championnats et ce qui l'a amené à cette magnifique médaille d'or.

Service Communication : Pouvez-vous nous raconter le déroulement de ces Championnats d'Europe ?

Kevin Staut : Les Championnats d'Europe ont mal commencé puisque le warm-up s'est très mal passé. Kraque Boom était très inquiet, sûrement à cause de l'éclairage, et s'est arrêté cinq ou six fois durant ce warm-up. Tout le plan que j'avais imaginé tombait à l'eau, puisque j'ai dû sauter plus que prévu lors du warm-up et que j'ai refait une séance d'obstacles le lendemain matin avant la chasse.

Lors de la première épreuve, Kraque Boom était stressé, mais c'est un battant qui veut toujours bien faire, ce qui nous a permis d'être sans-faute et de prendre une bonne dixième place. Le lendemain, Kraque Boom était encore un peu inquiet pour la première manche de la finale par équipes, ce qui explique sûrement en partie ses deux fautes dans la première manche. En deuxième manche, j'ai vraiment retrouvé mon cheval, qui était beaucoup plus sûr et était redevenu serein, ce qui m'a permis de réaliser le sans-faute, ce qui n'a pas été suffisant pour obtenir une médaille par équipes, mais m'a bien replacé en individuels puisque j'étais 6e avant la finale. Ensuite, pendant la finale, je me suis efforcé de monter du mieux possible sans trop me soucier des résultats des autres.

Service Communication : Vous avez connu un certain nombre de déboires lors de ces championnats : (forfait de Jubilée d'Ouilly, refus de Kraque Boom pendant le warm-up, pas de médaille par équipes), cela n'a-t-il pas joué sur votre moral ?

Kevin Staut : C'est vrai que de perdre Pénélope Leprévost et Jubilée d'Ouilly, qui formaient le couple français le plus régulier de l'année dans la Meydans FEI Nations Cup, était un gros coup dur, mais Pénélope, malgré son immense déception, est restée très présente à Windsor et nous a beaucoup aidés. C'est dans les moments difficiles qu'on voit les champions et Pénélope est une grande championne !

Après la finale par équipes, c'était évidemment une énorme frustration de ne pas avoir eu de médailles, d'autant que ça s'est joué à deux points près, mais l'équipe est restée très soudée, ce qui nous a permis de nous remotiver pour l'épreuve individuelle.

Enfin, même si Kraque Boom a fait quelques refus dans le warm-up, je savais que nous avions fait tout ce qu'il fallait en amont pour amener le cheval au meilleur niveau, avec Henk Nooren et Laurent Elias, et dans les meilleures condition physiques possibles pour ces Championnats d'Europe avec un super travail de fond de Vincent Houdin, mon vétérinaire, et de Jérôme Thévenot, le vétérinaire fédéral.

Toute la préparation à long terme avec Kraque Boom avait été axée sur ces Championnats d'Europe avec comme objectif une médaille par équipes et une place dans les 8 premiers en individuel, en privilégiant notamment les Coupes des Nations et en ne faisant pas le Global Champions Tour avec lui. Psychologiquement, c'est important de se dire qu'on a fait tout ce qu'il fallait et du coup, ça permet de compenser les imprévus qui peuvent survenir.

Service Communication : Que ressentez-vous après avoir obtenu ce titre ?

Kevin Staut : C'était évidemment une joie immense, que j'ai pu partager avec mes grands-parents, qui sont propriétaires de Kraque Boom, ainsi qu'avec toute l'équipe et le clan français présent à Windsor. J'ai reçu énormément de messages et de coups de téléphone de félicitations et ça me fait vraiment plaisir de voir que ça procure de la joie à autant de monde. Ca prouve qu'on est capables de gagner et que l'Equipe de France se reconstruit !

Mais ce titre n'est pas une fin en soi et il y a beaucoup de beaux objectifs à venir sur lesquels se reconcentrer : la Coupe du monde, les Jeux Equestres Mondiaux en 2010 à Lexington et bien sûr les Jeux olympiques de Londres, même si ça peut paraître encore loin.

Service Communication : Depuis quand sentez-vous que l'Equipe de France se reconstruit et était prête à redevenir performante ?

Kevin Staut : Même si les Championnats d'Europe de Mannheim, en 2007, ne s'étaient pas très bien déroulés, je pense que cette reconstruction avait déjà commencé à ce moment-là avec le travail entrepris par Gilles de Balanda. Ensuite, les meilleurs couples se sont battus pour faire remonter la France en Super Ligue, ce qui nous a permis de trouver un véritable esprit d'équipe. J'espère que cette victoire va donner du moral à tout le monde, donner envie de garder les bons chevaux en France et créer une réelle émulation dans toute la filière.

Service Communication : Vous avez semblé apprécier le travail avec Henk Nooren, que vous a-t-il apporté ?

Kevin Staut : Henk Nooren est un véritable homme de cheval et n'a pas du tout cherché à bouleverser entièrement notre façon de monter ou de travailler les chevaux. Il nous a laissé notre style et a su s'adapter aux différents chevaux pour apporter ses petites touches techniques qui nous ont été très précieuses. Tout cela s'est déroulé en parfaite concertation avec Laurent Elias et dans un très bon état d'esprit qui a contribué à renforcer l'esprit d'équipe du groupe.

J'ai vraiment apprécié cette collaboration avec Henk Nooren et, à titre individuel, je vais continuer à travailler avec lui pour progresser encore.

Service Communication : A l'issue de ces Championnats d'Europe, vous partez vous installer en Belgique. Pourquoi ce changement de cap ?

Kevin Staut : Le Haras de Hus, avec lequel je travaille, a également pour vocation de faire du commerce et à Nantes, nous étions vraiment excentré, c'est une des raisons de cette installation en Belgique dans les Ecuries d'Ecaussines. Cela sera également plus pratique pour les concours car la Belgique est plus centrale et ça me permet également de me rapprocher de chez Henk Nooren.

Service Communication : Quel est votre programme pour les semaines à venir ?

Kevin Staut : Cette semaine je serai à Fontainebleau, mais à pied, pour voir évoluer les jeunes chevaux du Haras de Hus, ensuite je vais aller au CSI**** de Chantilly, mais sans Kraque Boom, qui va prendre un peu de repos. Le prochain objectif avec lui sera d'être bien au CSIW***** de Lyon.

Ensuite, avec Le Prestige St Lois et Sylvana, je vais me concentrer sur la Coupe du monde et nous irons à Oslo et Helsinki.

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