Les 22 et 23 janvier, les formateurs préparant les futurs Accompagnateurs de Tourisme Équestre (ATE) se sont réunis au Parc équestre fédéral pour un séminaire organisé par la Fédération Française d’Équitation. Aux côtés des Comités régionaux d’équitation (CRE) et des Comités régionaux de tourisme équestre (CRTE), les professionnels du secteur ont échangé avec les services de la FFE et de la DTN sur la nouvelle version du diplôme, enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) le 21 juillet 2025, pour une durée de trois ans, et déployée dans les centres de formation.
“La formation est un axe central de la politique fédérale. C’est un sujet porté par l’ensemble des élus, des conseillers techniques nationaux et des permanents de la FFE. Malgré les évolutions réglementaires, le diplôme d’Accompagnateur de Tourisme Équestre (ATE) a su traverser les décennies. Créé il y a plus de cinquante ans, il reste une référence, y compris à l’international. Les anciennes générations ont été visionnaires sur la nécessité de former des personnes qui sauraient encadrer nos activités de tourisme équestre avec qualité et en toute sécurité. J’attire votre attention sur le fait que la pérennité du diplôme et son réenregistrement sont liés à la qualité administrative du suivi de la formation. Nous sommes collectivement les garants de cette certification professionnelle”, a rappelé Frédéric Bouix, président de la FFE, en ouverture du séminaire.
“Ce séminaire a vocation à être le plus interactif possible”, a poursuivi Valérie Dalodier, présidente du Comité National de Tourisme Équestre. “Il est essentiel pour nous de recueillir vos avis et vos remontées du terrain sur les ressources et outils de formation à renforcer ou à développer.”
Ces deux jours d’échanges ont répondu à un triple objectif :
“Les échanges doivent permettre de réfléchir collectivement à la manière de faire monter en compétences les acteurs de la formation pour anticiper les évolutions du secteur. Il est important de se demander : de quels professionnels avons-nous besoin dans les entreprises de tourisme équestre de demain pour que les activités se développent, soient attractives et performantes ?”, explique Olivier Simon, DTN adjoint.
Décryptage des nouveautés du diplôme ATE
Après une présentation des évolutions du diplôme, les participants ont pris part à trois tables rondes consacrées aux épreuves certificatives des blocs de compétences, à leurs attendus et à leurs modalités d’évaluation. Les équipes fédérales ont par ailleurs rappelé l’intérêt de la plateforme Campus FFE, un outil en ligne regroupant de nombreux cours e-learning permettant de soutenir la formation des professionnels de la filière.
Depuis juillet 2025, le diplôme d’Accompagnateur de Tourisme Équestre (ATE) a fait peau neuve avec une nouvelle version actualisée, plus lisible et en cohérence avec les exigences de la filière. Les Unités Capitalisables (UC) ont laissé place à trois blocs de compétences (BC) ainsi qu’à de nouvelles modalités et épreuves d’examen :
Parmi les principales évolutions, la création d’un prérequis au passage du bloc 2 consistant à réaliser l’encadrement et la conduite d’une randonnée à la journée évaluée à minima par un expert du tourisme équestre extérieur au centre de formation. Autre nouveauté, les candidats devront valider le cours Campus sur les violences sexuelles et sexistes avant de se présenter aux épreuves du BC2. L’épreuve finale d’encadrement du BC2 passe d’une demi-journée à une heure tandis que les cas pratiques du BC3 sont désormais tirés au sort (soins, bourrellerie, convoyage, maréchalerie, etc).
Ces échanges ont permis de répondre aux questions soulevées par les formateurs et de mieux comprendre les attendus et prérequis. “Je suis formatrice ATE dans les Bouches-du-Rhône. Nous sommes venus, avec mes collègues, afin de poser certaines questions et d’approfondir nos connaissances sur le nouveau règlement du diplôme. Ce séminaire nous a permis d'éclaircir certains points qui nous paraissaient flous, par exemple, sur les intitulés. C’était très intéressant d’avoir les avis de professionnels extérieurs et de comparer nos points de vue dans le but d’homogénéiser la formation”, a témoigné Claire Marnetto, formatrice au centre équestre Les Enganes (13).
Focus sur l’enquête Emploi ATE
Dans le cadre du renouvellement du diplôme au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), la FFE et son Comité national de tourisme équestre ont mené une enquête Emploi en 2024, dont les résultats ont été présentés aux formateurs.
“Cette enquête permet de réfléchir de manière prospective à la façon dont le métier est en train d’évoluer. Depuis la dernière enquête en 2020, nous constatons des évolutions significatives”, a indiqué Olivier Simon.
Quelques chiffres clés :
“Ces résultats montrent qu'une part importante de nos diplômés sont en reconversion professionnelle. C’est une très bonne chose car ces profils arrivent souvent avec un projet précis et amènent avec eux des compétences d'autres secteurs qui pourront être utiles au développement de nos activités. Les répondants ont rajeuni par rapport à l’enquête 2020, il y a un petit renouvellement générationnel qui est en train de s’amorcer au sein de la population des ATE”, souligne le DTN adjoint.
Valoriser et développer le tourisme équestre
Le lendemain, deux nouvelles tables rondes ont porté sur la topographie et les produits de tourisme équestre. Pour la première, le constat a été unanime : même si la carte et la boussole restent au cœur du métier, les élèves doivent maîtriser aussi bien l’outil papier que numérique et être capables de choisir la méthode la plus adaptée à la situation. La seconde a mis en évidence tout un éventail de nouvelles compétences utiles aux futurs ATE : création de produits, marketing, tarification, commercialisation et réglementation. Les organismes de formation se sont montrés intéressés par de nouvelles ressources fédérales afin d’accompagner cette montée en compétences.
Les équipes de la FFE ont également présenté les points d’actualités du tourisme équestre et de la formation : capsules vidéo sur la sécurité routière, webinaire sur la semaine des métiers du tourisme (4 février), et rappel sur les procédures administratives.
Enfin, Mathias Hébert, conseiller technique national, a présenté les premiers résultats de l’enquête Kantar - lancée par la FFE en 2025 - sur le rapport des Français aux loisirs et aux activités équestres, ainsi que les enseignements à en tirer pour les activités de tourisme équestre. L'étude révèle que les loisirs font toujours recette et que les activités de plein air ont le vent en poupe. 64% des Français déclarent que le contact avec la nature est important. Malgré un secteur des activités de plein air très concurrentiel (randonnée, course à pied, cyclisme, etc), le tourisme équestre répond pleinement aux attentes des Français qui recherchent avant tout du plaisir, de la nature et du bien-être. Il se révèle être un levier très intéressant pour recruter des cavaliers occasionnels à travers des formats d’activités flexibles et de courte durée.
Le conseiller technique national a également animé un atelier participatif présentant les enjeux pour les professionnels de s'inscrire dans une démarche de responsabilité sociétale des organisations (RSO) afin de mieux valoriser toutes les actions des professionnels et de les amener à s'interroger sur ces sujets lors de l'élaboration des produits de tourisme équestre.