GAUTIER LENOIR, LA TÊTE DANS LES ÉTOILES, LES PIEDS SUR TERRE

17/02/2021

GAUTIER LENOIR, LA TÊTE DANS LES ÉTOILES, LES PIEDS SUR TERRE

Gautier Lenoir ne vise pas la lune mais presque ! Droits Photodine64 - Equus Photography

La Fédération Française d'Equitation enchaîne les stages pour les jeunes de l’équipe de France de saut d’obstacles. Après Le Mans mi-janvier, ils étaient à Toulouse les 6 et 7 février avec le staff fédéral. L’occasion de partir à la rencontre de la relève tricolore et plus particulièrement Gautier Lenoir, cavalier Junior 2e année de la région Occitanie.

 
Du haut de ses 17 ans, Gautier Lenoir rêve de Jeux olympiques mais aussi de travailler dans l’aérospatiale. Deux passions incompatibles ? Pas forcément pour ce jeune homme qui a la tête sur les épaules. Son baccalauréat en poche, Gautier a choisi de se consacrer aux chevaux, pour le moment.
 
Double nationalité
« J’ai toujours eu deux rêves : monter à cheval ou évoluer dans le spatial. Même si c’est assez clair que je veux être cavalier, tout ce qui touche à l’espace reste une passion pour moi. J’adore apprendre, ça m’apporte un plus en dehors de l’équitation. Je prends le temps d’étudier le soir ou le matin avant d’aller monter. » Au programme : physique, chimie, biologie, mathématiques et russe ! « C’est une langue utile dans le milieu de l’espace. Si je change d’avis et je ne veux plus faire de l’équitation mon métier, comme je suis américain, j’essaierai d’aller dans l’Air Force rejoindre l’aérospatiale », argumente le jeune homme qui a la double nationalité franco-américaine.

 
Né aux Etats-Unis, il y passe les sept premières années de sa vie. « Je me sens français, mes parents le sont tous les deux mais je reste attaché aux USA. J’ai beaucoup de souvenirs de San Francisco où je suis né et de Denver dans la Colorado », s’attendrit le trilingue après quelques mois passés à Madrid. Il revient ensuite en France avec ses parents et c’est par hasard qu’il découvre l’équitation.
 
Faire des choix
« J’ai découvert le poney à dix ans puis je suis passé rapidement à cheval et j’ai commencé la compétition », raconte celui qui a débuté à Castelnaudary (11) chez un certain Denis Polge, son coach actuel. « Denis a ensuite déménagé à Fanjeaux, à 1 km de chez moi, ce qui m’a permis de monter davantage », se souvient Gautier. Habitué aux cours par correspondance aux Etats-Unis, il les poursuit en France, se dégageant ainsi plus de temps pour les chevaux. Si le côté social de la scolarisation lui manque parfois, le jeune diplômé sait où il va : « Il faut savoir faire des choix et des sacrifices pour réussir », affirme-t-il.
 
Un système bien rodé
Après trois saisons en Amateurs notamment avec Tamise du Rampan, Gautier Lenoir poursuit son apprentissage en cycles classiques avec de jeunes montures. « Pour Denis, il n’y a rien de mieux pour se former que les jeunes chevaux. On achète peu de chevaux ayant beaucoup d’expérience et comme mon coach a « l’œil », j’ai de la chance », expose-t-il. Gautier remporte en 2017 la finale des Cycles Libres 1ère année 5 ans avec Coup de Cœur d’Ick. Il s’aguerrit ensuite sur les épreuves Pro notamment avec Othello des Aubiers et Bella Donna du Clos.
Petit à petit Gautier se forge un piquet de chevaux aujourd’hui constitué de 14 montures. « Gautier a toujours été doué. Il a une aptitude naturelle pour le sport en général. C’est un garçon studieux qui comprend vite les choses. Nous essayons de mettre en place un système économiquement viable mélangeant sport de haut niveau et commerce. Malgré son jeune âge, il est très mature par rapport à tout ça. On voit à moyen terme sans vouloir aller trop vite », explique Denis Polge.
  
Premiers pas en équipe de France
En 2018, Gautier termine 5e du Championnat de France As Cadets avec Up Arc de Saint Fray. Il participe en 2019 à son premier CSIO à Fontainebleau. Il enchaîne classements et victoires en Pro 2 et Pro 1 entre autres avec Valkera d’Anto et Belladone du Batut.
A la même période, il effectue ses premiers stages équipe de France. « Gautier a un très bon sentiment à cheval. Il est très travailleur et écoute bien toutes les consignes. C’est un garçon très ouvert sur l’extérieur. Aujourd’hui il a un très bon piquet de chevaux. Le travail effectué avec son coach se fait dans la continuité, on sent qu’il y a une bonne osmose », atteste Olivier Bost, sélectionneur national jeunes. Début 2020, le Chaurien prend part à son premier CSI 3* et fait l’acquisition d’une nouvelle recrue : Casalor. « Je pense qu’à l’heure actuelle, c’est ma meilleure jument. Elle a tout ce que j’aime : respect et bonne tête. »
 
Un adepte du yoga
Celui qui adore travailler ses chevaux sur le plat, accorde également une place importante à la préparation physique. « Je fais beaucoup de yoga, sport qui apporte souplesse et tonicité. Le travail autour de la respiration permet d’être plus relâché à cheval. Lors des regroupements équipe de France, j’apprécie les séances de posturologie avec Véronique Bartin », confie Gautier admiratif du pilote américain Kent Farrington pour ses talents de sportif en dehors de l’équitation. Quant à son approche équestre : « J’aime privilégier le relâchement et la précision d’un travail très simple : galop à faux, déplacements latéraux etc. Mais également barres au sol au trot et cavalettis. » Garder le moral de ses compagnons compte pour lui : « Le respect des chevaux est primordial. Je recherche leur complicité. »
 
Le jeune cavalier vise maintenant le Championnat d’Europe Juniors cet été. « J’ai hâte de participer à une Coupe des nations, l’esprit d’équipe, c’est chouette ! Représenter les couleurs de mon pays c’est un honneur ! », estime-t-il. Et pour plus tard ? « J’aimerais poursuivre le système mis en place avec Denis. C’est une aventure sympa. Après, j’aimerais accéder au plus haut niveau et pourquoi pas faire les Jeux olympiques un jour mais la route est longue et il y a tellement d’aléas », concède-t-il.
 
D’ici là, Gautier Lenoir pourra compter sur de jeunes montures : Falling In Love DK, une fille de Vendome d’Ick, bonne gagnante avec Aurélien Leroy, Bollam de Noards, son frère utérin Enarque du Vimage ou encore Milton S. Washington et la NASA attendront donc encore…

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                                         Gautier Lenoir et Casalor, sa jument
                                         de tête. ©FFE/DR