RENCONTRE AVEC PIERRE LE GOUPIL, MEMBRE DE LA COMMISSION DE CONCOURS COMPLET DE LA FEI

02/04/2021

RENCONTRE AVEC PIERRE LE GOUPIL, MEMBRE DE LA COMMISSION DE CONCOURS COMPLET DE LA FEI

Pierre Le Goupil. Droits FFE DR

La France compte, depuis fin 2020, quatre représentants au sein des instances de la Fédération Equestre Internationale (FEI) et un représentant au bureau de l’European Equestrian Federation (EEF). Ces nominations sont une récompense pour le dynamisme et le savoir-faire de nombreux experts français œuvrant sur la scène internationale. Rencontre avec Pierre Le Goupil qui a intégré la commission sportive de concours complet.
 
Pierre Le Goupil a 58 ans et vit à Sideville (50). Il compte plusieurs cordes à son arc : ancien cavalier international de concours complet, entraîneur, il est également chef de piste international Level 3 de la discipline.
 
Comment s'est passée votre nomination ?
J’ai été sollicité en amont par La Fédération Française d’Equitation et la direction technique nationale pour représenter la France au sein de la commission de concours complet de la FEI. Ils m’ont accompagné et ont soutenu ma candidature jusqu’à la nomination. La France est une grande nation de sports équestres, la présence de ses représentants au sein de la FEI est plus que justifiable, d’autant plus à l’approche des JO de Paris. Bien sûr, vis-à-vis de notre nation, nous avons une responsabilité et une loyauté à avoir. Nous sommes garants d'un état d'esprit et d'une éthique.  En intégrant la commission, je revendique certains points de vue qui émanent du terrain français tout en défendant l’intérêt commun : permettre au sport d’évoluer dans la bonne direction.
 
Concrètement, en quoi consiste votre rôle de membre de la Commission de concours complet à la FEI ?
C’est assez intense mais c’est passionnant. La commission se réunit une fois par mois et en dehors nous avons des échanges réguliers. Notre rôle est assez varié. Nous sommes en quelque sorte des canaux de communication qui apportent leur expertise pour faire des propositions. Nous devons avoir une réflexion sur des points du règlement et faire la synthèse des remontées qui nous sont faites des fédérations nationales ainsi que des acteurs de terrain.
 
Le but est toujours de faire évoluer ou d’améliorer le règlement. Il faut en parallèle que ces évolutions soient en adéquation avec le règlement général et les autres disciplines. Une fois l’analyse faite, nous faisons nos recommandations auprès du Bureau de la FEI.
 
Nous avons aussi la mission d’harmoniser les calendriers et de choisir les officiels de compétition qui interviendront dans les épreuves majeures. Tout ceci est actuellement compliqué par la situation sanitaire.
Une autre partie de notre mandat est consacré au développement du concours complet dans les pays émergents;
 
Avez-vous déjà mis en place des actions ?
Le travail sur l’évolution du règlement est permanent. Nous avons bien sûr accentué le travail sur la sécurité. Nous avons déjà beaucoup travaillé sur la rédaction des articles abordant les accessoires de sécurité notamment sur les recommandations et obligations. Il est important que la réglementation colle à la réalité du terrain. Il faut tester le matériel pour l’améliorer et apprendre à s’en servir et voir derrière de quelle manière cela va imputer les résultats.

Nous avons également abordé l’utilisation de nouvelles embouchures. C’est un sujet très vaste et pointu. Il faut trouver un juste milieu afin que leurs utilisations soient compréhensibles à la fois par les officiels, les cavaliers mais aussi les médias et les spectateurs. Enfin nous travaillons aussi tout ce qui a trait à la formation et la promotion du sport.
 
Quels sont vos principaux objectifs au sein de cette Commission ?
Lorsque j’ai posé ma candidature à la commission de concours complet de la FEI, j’avais une lettre de motivation à rédiger. J’ai beaucoup insisté sur le volet développement du sport qui me tient à cœur. Le haut niveau concerne aujourd’hui trop peu de nations. On peut regarder récemment les exemples de la Chine et du Japon, cela doit appeler une suite. Notre sport manque d’universalité, et c’est ce vers quoi on doit évoluer si l’on veut rester dans l’olympisme. C’est notre devoir d’accompagner les pays émergents. Cet accompagnement doit se faire progressivement. Notre rôle est de dispenser des savoirs pour inciter au développement de la base et d'apporter un cadre technique dans l’organisation des compétitions.

Parmi nos autres objectifs il y a bien sûr la sécurité mais pas uniquement au niveau matériel. La sécurité passe aussi par la préparation mentale et physique des cavaliers, par la formation des officiels et la sélection des couples.