LA FIN DE CARRIÈRE DU CHEVAL

20/11/2019

LA FIN DE CARRIÈRE DU CHEVAL

Piaf de B’Neville a eu droit à son jubilé en 2018 à Pau. ©Anchor Équitation

Contrairement à l’être humain, il n’y a pas d’âge légal pour la retraite d’un cheval. Qu’il s’agisse d’un cheval de club ou de sport, la retraite se décide au cas par cas selon l’état de santé physique et mental du cheval. Il faut ainsi être attentif aux signes avant-coureurs que l’équidé peut montrer afin de respecter son bien-être. Certaines étapes sont cependant à respecter avant l’arrêt total d’activité pour le cheval.        

La carrière d’un cheval de sport ou d’école peut être plus ou moins longue. Mais en règle générale, elle s’arrête en moyenne vers l’âge de 17/18 ans pour les chevaux de haut niveau, parfois jusqu’à un peu plus de 20 ans pour les chevaux d’instruction. Avec l’âge, le cheval montre des signes de vieillissement aussi bien physiquement que moralement. C’est sa façon à lui de nous dire qu’il nous a assez donné.

 Un arrêt progressif

Lorsque l’on choisit de mettre un cheval à la retraite, cette décision ne se prend pas du jour au lendemain. Elle s’anticipe car l’arrêt brutal de toute activité pourrait nuire à la santé physique et morale de son compagnon. Le travail sera donc réduit peu à peu.

La transition doit se faire progressivement. Si à terme les chevaux coulent des jours heureux au pré avec leurs congénères, il est important de leur laisser le temps de s’acclimater à ce mode de vie s’il n’est pas habituel. 
Les chevaux qui ont toujours vécu en box doivent apprendre à appréhender leur nouvel environnement, aussi bien le pré que la vie au contact des autres chevaux. On pourrait comparer ce changement de cadre à une personne ayant toujours vécu seule en ville qui se retrouverait à vivre en pleine campagne au milieu de personnes qu’elle ne connaît pas du tout.

Chevaux de club

Un cheval ou un poney de club est monté en moyenne 10 heures par semaine. Avec l’âge, ce nombre diminue progressivement. À l’approche de la retraite, le moniteur veille à réduire encore un peu plus les heures de travail sans l’arrêter totalement non plus. « Dès que l’on sent qu’ils n’ont plus envie, il vaut mieux les arrêter. Chez nous, on essaie de les retirer des reprises en fin d’année scolaire pour ne pas priver les cavaliers de leurs chevaux en cours d’année », explique Stéphanie Mallet, dirigeante et enseignante du Haras de la Bourdonnaye (56).
Ensuite, il faut trouver une nouvelle maison au futur retraité. « Ce sont souvent des cavaliers qui montent chez nous qui se proposent de les prendre chez eux. En Province et surtout en zone rurale, c’est tout de suite plus facile. Nous vérifions bien sûr s’ils sont aptes à les accueillir. Lorsque l’on est sûr de l’endroit où va aller le cheval, on le donne sinon on le confie afin de le récupérer s’il y a un souci », confie Stéphanie Mallet.

Chevaux de haut niveau

La retraite de la compétition peut être consécutive à une baisse des résultats. Un cavalier sent si son cheval prend moins de plaisir au sport. Dans ce cas, il est bon de déclasser son partenaire qui peut se transformer quelques temps en maître d’école. Il transmet ainsi son savoir à de jeunes cavaliers. C’est le cas par exemple d’Ayade de Septon*HDC qui après avoir brillé en 5* sous la selle de Kevin Staut en saut d’obstacles évolue désormais avec la jeune Valentine Delaveau sur de plus petites épreuves. L’arrêt de la compétition pourra se faire ensuite mais toujours progressivement.

Les athlètes chevaux sont, comme leurs homologues humains, choyés. Il en va de même pour leur départ à la retraite. Certains ont même le droit à un jubilé ! 
Piaf de B’Neville, champion olympique par équipe de Rio en 2016 sous la selle d’Astier Nicolas, a eu droit à un bel adieu lors du Concours complet international de Pau en 2018. Lors d’une cérémonie, en présence de son propriétaire Michel de Châteauvieux, le bai a pu déguster un panier de carottes et a reçu une ovation du public. Après avoir dessellé son compagnon de toujours, Astier a symboliquement remis les « rênes » de Piaf à sa groom historique, Julie Lemarinel. La jeune femme a ainsi accueilli chez elle son champion pour une retraite grandement méritée où il partage son pré avec un poney.

De nombreux cavaliers gardent près d’eux leurs chevaux de cœur. Jean-Lou Bigot a ainsi gardé près de lui son crack Twist la Beige. Le champion d’Europe de concours complet 1993 a ainsi coulé des jours heureux au pré au milieu des jeunes chevaux chez son cavalier-propriétaire. L’alezan ne manquait jamais d’accueillir un visiteur aux écuries et d’observer ses successeurs au travail. Twist s’est éteint en 2017 à l’âge de 32 ans. 

Retrouvez une vidéo de Piaf de B’Neville au pré et en pleine forme :  ICI