DEUXIÈME SÉMINAIRE DES ENTRAÎNEURS JEUNES AU PARC ÉQUESTRE FÉDÉRAL

16/03/2018

DEUXIÈME SÉMINAIRE DES ENTRAÎNEURS JEUNES AU PARC ÉQUESTRE FÉDÉRAL

Droits FFE SA

Toujours soucieuse de maintenir son excellence sportive, la Fédération Française d’Equitation (FFE) a à cœur de préparer au mieux ses champions de demain. C’est dans ce cadre qu’elle a organisé, pour la deuxième fois, les 12 et 13 mars, un séminaire dédié aux entraîneurs Jeunes, rassemblant sélectionneurs nationaux et coachs au Parc équestre fédéral à Lamotte-Beuvron (41). À travers des interventions variées et des témoignages précieux, ces deux jours ont donné lieu à des échanges riches avec une préoccupation commune : l’optimisation de la performance des champions de demain. 

La FFE a réuni 41 entraîneurs de jeunes cavaliers - identifiés comme ayant un jour été concernés par un championnat d’Europe - pour ce séminaire autour de 14 sélectionneurs nationaux tous âges et toutes disciplines confondus. C’est un véritable travail collectif qui a eu lieu lors de ces deux jours autour d’un programme complet. Neuf intervenants se sont succédé devant cette assemblée chevronnée qui s’est montrée studieuse. Au programme des thèmes variés comme le bien-être animal, la psychologie des adolescents, la pédagogie, le numérique etc. Tous les ateliers ont été ponctués de témoignages des entraîneurs et sélectionneurs nationaux Seniors qui ont pu partager leur expérience. 

Sophie Dubourg, directrice technique nationale, a lancé les débats rappelant que « l’objectif est de créer un seul staff autour de la performance afin de préparer le collectif relève ».

Le bien-être animal a été au cœur des débats durant la première partie du séminaire. « En France on valorise les bonnes pratiques des professionnels. La FFE est signataire avec d'autres organismes d'une charte de bien-être du cheval qui reprend huit points clefs pour le respect de l'animal », a déclaré Déborah Bardou, chargé de mission  bien être animal à la FFE, abordant également les notions de renforcement positif et négatif dans l'apprentissage du cheval.
Une problématique très actuelle  que les sélectionneurs ne mettent pas de côté : « On monte à cheval parce qu'on aime les chevaux. C'est à nous de donner une bonne image de notre sport à travers notre pratique », a avancé Thierry Touzaint, sélectionneur national Senior de concours complet.  

Les fondamentaux du travail sur le plat 

L’importance du travail sur plat a ensuite été abordée à travers le témoignage de Jan Bemelmans. Le  sélectionneur national Senior de dressage a balayé la préparation des jeunes chevaux, insistant sur la nécessité d’alterner exercices et relâchement. « Il est essentiel que les jeunes comprennent qu’ils doivent consacrer du temps à leur cheval. C’est une sorte de jeu qu’ils doivent instaurer afin de laisser grandir leur cheval », a expliqué Jan Bemelmans. Des propos complétés par Thierry Pomel, entraîneur Jeunes cavaliers CSO : « C’est à nous d’apprendre aux élèves à savoir faire fonctionner leur cheval et non l’exploiter. C’est comme ça qu’ils sauront faire durer un cheval dans le temps. » 

De l’avis de plusieurs entraîneurs, les jeunes cavaliers actuels ont pris conscience que travailler sur le plat est essentiel : « Ils se montrent très réceptifs, c’est donc à nous d’être bons communicants afin de bien leur expliquer le travail sur le long terme pour faire progresser leur cheval », analyse Jean-Pierre Blanco, entraîneur adjoint au dressage en concours complet chez les Juniors et Jeunes cavaliers.

Les critères de choix  des chevaux ont ensuite été évoqués. Ralph Rash, entraîneur national de dressage Juniors et Jeunes cavaliers a insisté sur le fait que « les chevaux doivent être des éducateurs pour les cavaliers. Quand un cheval est bien dressé, c’est plus facile pour eux de ressentir ce qu’on veut leur faire comprendre ».

Quant à la difficulté du positionnement des entraîneurs nationaux vis-à-vis des coachs privés : confiance, communication et collaboration entre le trio cavaliers/coachs/sélectionneurs semblent être les maîtres mots. « On fait confiance aux coachs pour nous proposer des chevaux les plus opérationnels possible », avance Olivier Bost,  sélectionneur national Poneys, Children et Juniors CSO. 

Abordant la question de l’autonomie des cavaliers, le fait de monter leurs chevaux ou non, a suscité le débat. Pour Philippe Guerdat, sélectionneur national Senior CSO, « c’est au cavalier de ressentir les choses et c’est à lui de le trouver à cheval » alors que pour Jean-Pierre Blanco « c’est au cas par cas mais ça peut permettre de faire passer une étape ». 

Psychologie et pédagogie 

La matinée du mardi a été consacrée à l’intervention d’Alexandra Wertheim, psychanaliste qui a rappelé que l’adolescence était un âge compliqué donnant lieu à de nombreuses transformations à la fois psychiques et physiques. Soucieux de comprendre leurs élèves, les entraîneurs présents ont pu évoquer les difficultés auxquelles ils étaient confronté : « Il n’y a pas de baguette magique mais les coachs ont un rôle d’éducateurs et leur écoute est essentielle pour les enfants », a assuré la psychologue. 

Après la psychologie, c’est la pédagogie qui a pris une part importante du séminaire. La FFE avait fait appel à Didier Moreau, directeur technique de karaté, qui a emmené de nombreux jeunes athlètes au plus haut niveau. Le karatéka a passionné l’auditoire de part son expérience et son expertise. « Le travail en équipe est primordial pour atteindre la performance. Il faut aussi savoir aller voir ce qui se fait ailleurs et donc se remettre en question. Quant à l’élève, il faut exiger qu’il donne le meilleur de lui-même », a exposé Didier Moreau. C’est ensuite Nicolas Sanson, écuyer du Cadre Noir de Saumur, qui a présenté son approche pédagogique basée sur la hiérarchie horizontale à savoir « impliquer les enfants plutôt que les soumettre et ainsi les éduquer à la responsabilité ». 

Fiona Gorin, responsable projet du Pôle Hippolia, a  exposé tout ce qu’il est possible de faire avec le numérique autour de la filière équine rappelant que  « c’est une réalité, une utilité et une opportunité mais le numérique ne remplacera jamais l’expertise humaine ». 

Le séminaire s’est terminé par une présentation du diplôme DESJEPS par Bernard Muret, directeur technique national adjoint en charge de la formation. Pour en savoir plus :  ICI  

Autant de philosophies et d’approches différentes qui sont venues nourrir le débat au terme de deux jours enrichissants.

« Il faut continuer à creuser tous ces sujets importants. Tout ce qui est organisé par la FFE est fait pour vous. L’information doit être montante et descendante alors n’hésitez pas à nous solliciter, c’est un partage d’objectifs », a conclu la DTN, Sophie Dubourg.