SÉMINAIRE DES CENTRES DE FORMATION ET DES FORMATEURS AU MÉTIER D’ANIMATEUR D’ÉQUITATION

28/03/2019

SÉMINAIRE DES CENTRES DE FORMATION ET DES FORMATEURS AU MÉTIER D’ANIMATEUR D’ÉQUITATION

Droits FFE DR

Le séminaire des centres de formation et des formateurs au métier d’animateur d’équitation (AAE), a réuni une centaine de personnes au Parc équestre fédéral les 21 et 22 mars. Plénières et tables rondes ont alterné pour une réflexion en commun sur les enjeux de la formation et pour un partage d’outils, d’informations et d’expériences.

· Les plenières  Animer aujourd’hui, prendre en compte les évolutions générationnelles

Le séminaire s’est ouvert sur une intervention de Bastien Méchin, altérapeuthe, sur le positionnement de l’animateur dans le monde des loisirs.
« Depuis 40 ans, les VRP du loisir se sont emparés de ce qu’on va faire ensemble, a-t-il expliqué pour commencer. Ils rassurent parce qu’ils normalisent. Dans notre société la logique des monarques et des grands seigneurs a été remplacée par celle des experts et des commanditaires. »

Il a ensuite rappelé les enseignements de Philippe Meirieu Le Devoir de résister, de François Terrasson La Peur de la nature et de Jean-Claude Gillet, L’Animation professionnelle.

 

En résumé, animer n’a rien d’une évidence. Les publics ont changé. Faire faire une cabane à un enfant aujourd’hui, c’est l’arracher à son écran. Les petits citadins ne savent pas ce que c’est qu’un animal. Le respect dont bénéficiait le « sachant » est moins automatique. Il faut faire découvrir l’autorité légitime de la compétence.

 

Il y a donc lieu de se recentrer sur la pédagogie du projet, de se réunir pour réussir autour de projets construits collectivement où les situations proposées conduisent le stagiaire à s’approprier les bons principes d’animation en les mettant en œuvre à sa manière. Il faut donc prendre le pari de faire confiance pour donner confiance et opter pour une approche sensible qui met en situation de créateur pour sortir des logiques de consommateur et « faire société. » Vaste programme, d’autant que, pour citer Freud, a-t-il rappelé avec humour, « Il y a trois missions impossibles, la politique, parce qu’on ne parvient jamais à satisfaire tout le monde, la santé, parce que, quels que soient ses efforts, tout le monde ne guérit pas et la pédagogie, parce qu’on ne parvient jamais à ce que tout le monde comprenne et fasse ! » Ce qui n’empêche pas de tout tenter !

 

Formation professionnelle

Christophe Abadie du CCI-Campus Centre Val de Loire a fait un exposé détaillé de ce qui change dans les dispositifs nationaux de la formation professionnelle du fait de la Loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel adoptée par l’Assemblée nationale le 1er août 2018, publiée au Journal officiel du 6 septembre 2018 dont les textes d’application seront publiés progressivement jusqu’au 31 décembre 2021. Fusion des OPCA au profit d’OPCO, monétisation du CPF, mise en place de France Compétences…

Elle porte principalement sur la promotion de l’apprentissage et sur l’ajustement de la formation professionnelle aux opportunités d’emploi.

Elle comprend également des mesures sur l’élargissement de l’assurance chômage, l’égalité femmes-hommes, l’emploi des personnes handicapées et la lutte contre les fraudes au travail détaché. Ce sont de nouvelles perspectives pour l’apprentissage dans les clubs et  aussi la nécessité de s’organiser collectivement.

 

Focus CREIF

Précurseur dans ce domaine, le CREIF soutient de longue date l’effort de formation des clubs. Il pilote la formation en apprentissage pour 20 centres de formation, assure le suivi administratif et financier en faisant le lien avec le CFA de l’ARFA et les employeurs et mutualise les dates d’examen et les jurys. Cela implique 105 élèves en formation AAE dont 47 par la voie de l’apprentissage.
Le CREIF centralise l’offre de formation régionale et d’information régionale pour les formations AAE, BPJEPS, DEJEPS, DESJEPS. Il conseille et oriente les futurs élèves et les parents, assure la gestion administrative des dossiers pour les centres de formation agréés et il aide les employeurs pour les embauches d’apprentis enseignants. Il représente la filière auprès des institutions et des financeurs : ARFA, FAFSEA, Conseil Régional, VIVEA, DRDJS CS, CPNE-EE et assure également le suivi administratif, financier et pédagogique des formations en alternance.

 

Points techniques  

   
Céline Marche, de FFE formation, a présenté les multiples ressources du livret pédagogique AAE disponible pour les centres de formation identifiés à la rubrique Formation de FFE Club SIF. Isabelle Defossez, responsable de FFE Ressources, a fait le point sur les aspects juridiques et réglementaires. Voir également l’espace Ressources . Delphine Miroux, FFE Formation, a quant à elle, rappelé les bonnes pratiques administratives en lien avec les outils internet proposés par la FFE aux centres de formation. 

Discours de clôture

Dans sa brève intervention de clôture, le président Serge Lecomte, a expliqué que la FFE a mis en place une démarche qualité pour les centres de formation et qu’elle renforce la promotion du métier auprès des jeunes pour avoir davantage de jeunes en formation. Il a appelé les formateurs à tenir un discours positif sur « notre métier qu’il faut défendre et ne pas laisser dénigrer. Si on veut avoir de bons jeunes professionnels, il faut commencer par leur donner une bonne image de notre métier. »

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· Les tables rondes

Le profil du super-animateur
La définition de la place de l’animateur, des compétences et attendus vis-à-vis du marché du travail a conduit à tracer le portrait-idéal du super animateur. En clair, il est :
- Porteur de valeurs : bienveillant, altruiste, courageux, empathique et généreux.
- Tourné vers les autres : observateur, avec le sens du relationnel, enthousiaste, souriant et patient.
- Entreprenant : mature, esprit d’initiative, créatif, commercial, autonome et adaptable.
- Homme / femme de cheval passionné avec une bonne connaissance de l’animal.
Ce citoyen bien élevé respecte les consignes, est crédible vis-à-vis des parents, capable d’accompagner en extérieur, vigilant envers la cavalerie et a le souci de l’entretien des installations.
Le second point mis en avant est le fait que l’AAE est devenu la première année du BPJEPS au détriment de la dimension animatoire, pourtant essentielle dans la pratique du métier, aussi bien pour l’animateur qui le restera que pour celui qui évoluera vers le monitorat.

Les outils pour transmettre les clés de l’animation
La transmission pédagogique se fait en situation, par jeux de rôle, analyse vidéo, mise en binôme, assistance audio, etc. La simulation avec cobayes a des limites quant au réalisme des séances.
Le niveau technique de sortie trop élevé oblige à passer du temps sur la pratique au détriment de la pédagogie. Il faudrait clarifier les attentes pédagogiques de la dominante cheval.
La réalisation du dossier est fonction du niveau d’engagement des tuteurs et des élèves, d’où des écarts importants. La question des modèles de fiches pédagogiques fait débat.  
Des pistes d’outils à créer ont été identifiées comme la modification du livret de formation dans un format numérique à quatre entrées : Formateur, Tuteur, Elève, FFE ou l’intégration de la notion de comportement / tenue dans le livret, la rénovation du dossier transport ou la mise en place d’une banque d’outils avec des contenus certifiés FFE. De plus, il a été pointé que l’expression orale devrait faire l’objet d’une partie plus importante dans la certification.

Harmonisation des sessions d’examen
Le débat sur l’harmonisation des évaluations finales a mis en évidence une grande diversité des supports et des modalités dans l’appréciation des grilles d’évaluation. Des outils plus normés sont souhaités. Une note d’orientation plus précise sur les critères d’appréciation serait bienvenue. Un cahier des charges pour les organisateurs de sessions d’examen serait utile, avec notamment la liste du matériel disponible. Il a été suggéré que les nouveaux examinateurs soient associés à un examinateur référent pour se former à l’évaluation. Selon les régions, il existe ou non des réunions d’harmonisation des jurys. Ce serait souhaitable de les généraliser.

En savoir plus sur le métier d'animateur : ICI