BIEN-ÊTRE ANIMAL : MIEUX CONNAÎTRE LE CHEVAL POUR MIEUX L’APPRÉHENDER

13/03/2019

BIEN-ÊTRE ANIMAL : MIEUX CONNAÎTRE LE CHEVAL POUR MIEUX L’APPRÉHENDER

© FFE / EB

L’équitation est le seul sport olympique qui se pratique avec un animal. Son bien-être est au cœur des préoccupations de la Fédération Française d’Equitation. Bien comprendre la nature et les comportements du cheval permet aux cavaliers d’être en osmose avec leur partenaire.

 

Le cheval ne perçoit pas l’environnement comme l’homme. Ces différences peuvent expliquer nombre de ses comportements, dont la compréhension permet aux cavaliers d’aborder leur partenaire de façon optimale. « Le rôle de la FFE est de communiquer sur les bonnes pratiques. Il est important que les cavaliers aient un comportement approprié avec le cheval. Ils sont les garants de l’image des sports équestres et donc de leur utilisation », explique Déborah Bardou, éthologue et chargée de mission bien-être animal au sein de la FFE.

Pour bien comprendre le cheval ou le poney, il faut savoir qu'il a des sens très développés. Avec les mêmes sens que nous, le cheval perçoit le monde différemment.

La vue

Le champ visuel du cheval est quasiment panoramique puisqu’il a un angle de vue de 340° alors que le nôtre est de l’ordre de 180°. Son champ de vision comporte cependant deux zones aveugles : entre ses deux yeux, de par leur position latérale sur la tête, et derrière sa croupe.  Son champ visuel frontal est réduit, le cheval doit ainsi baisser la tête pour voir de près et lever la tête pour voir de loin. Le cavalier doit prendre ces spécificités en compte lorsqu’il aborde et manipule l’animal.

Enfin, contrairement aux idées reçues, le cheval ne voit pas en noir et blanc mais en couleurs, avec une dominante de deux teintes (bleu/jaune), qui se rapproche de la vision d’un humain daltonien.

 

 

photo VUE BEA ©PSV photo vue retouchée par Martin Stevens, University of Exeter, BEA
Les couleurs perçues par l’homme. ©FFE/PSV Les couleurs perçues par le cheval. Photo ©FFE/PSV retouchée par Martin Stevens, University of Exeter.

 

L’ouïe 

Le cheval a l’ouïe très développée, il entend les sons très aigus appelés ultrasons. Cette faculté peut expliquer des réactions vives, pas toujours compréhensibles pour les cavaliers dans certaines situations, comme par exemple, en extérieur.

 

L’odorat

Le cheval dispose d’un organe appelé organe de Jacobson, situé sur le plancher de la cavité nasale qui lui permet d’analyser les phéromones et autres odeurs.

Il peut réagir de façon amusante comme lors du flehmen au cours duquel il retrousse sa lèvre supérieure pour bloquer l’air inspiré dans ses naseaux et analyser ou mémoriser une odeur inhabituelle, qu’il aime ou non. La personnalité de chaque cheval rentre également en compte.

phenomène Flehmen ©FFE EB

Le phénomène du flehmen. ©FFE/EB

 

Le toucher

Le cheval est très sensible au toucher grâce aux muscles peauciers, situés sous sa peau, qui réagissent à la moindre stimulation. Il donne l’impression de trembler quelques instants.

Les vibrisses, longs poils tactiles situés autour des yeux, du nez et de la bouche du cheval, sont des organes sensoriels essentiels. Comme les moustaches chez les chats, elles lui permettent de récolter des informations sur son environnement. Autour des yeux, elles lui servent de protection et autour du nez, elles prennent le relais des yeux dans la zone aveugle située juste devant lui.
La FFE vient d’ailleurs d’intégrer une disposition à ce sujet dans le règlement général des compétitions : depuis début 2019, il n’est plus autorisé de concourir avec un cheval privé de ses vibrisses.  

 

Le goût            

Comme nous, le cheval perçoit le sucré, le salé, l’amer et l’acide. Ses réactions à ces différentes saveurs présentent d’ailleurs d’étonnantes similitudes avec les nôtres.

 

photo BEA gout sucré ©Jankunis & Whishaw, University of Lethbridge photo gout BEA ©Jankunis & Whishaw, University of Lethbridge
réaction à une solution sucrée : oreilles en avant, hochement de la tête, se lécher les lèvres réaction à une solution amère : oreilles sur le côté, tirer la langue bouche ouverte

Photos©Jankunis & Whishaw, University of Lethbridge

 

Chez le cheval, les préférences alimentaires sont étroitement liées à son expérience. C’est un animal néophobe, qui a « peur » de ce qu’il ne connaît pas : il va ainsi, lorsqu’il a le choix, toujours préférer un aliment connu à un autre qu’il n’a jamais goûté

 

À l’heure où le bien-être animal est au centre des préoccupations, la FFE entend continuer ses actions afin de faire perdurer les sports équestres dans les meilleures conditions, privilégiant toujours le respect du cheval.

 

Pour en savoir plus sur le bien-être animal : ICI

 

Les actions fédérales en faveur du bien-être animal
  • Recrutement d'un éthologue au sein de la FFE, 
  • Signature et implication directe dans la rédaction de la Charte nationale pour le bien-être équin et le Guide de bonnes pratiques qui lui est associé (cf Charte p.7),
  • Veille dans le domaine de la science, de la technique et de la communication,
  • Communication vers les clubs, les licenciés et le grand public via les Lettres Ressources, l’Espace cavalier, La Ref, l'Estafette, flyers grand public etc.
  • Révision des règlements sportifs,
  • Intégration de davantage de connaissances en éthologie équine dans les programmes des ®Galops,
  • Sensibilisation des cavaliers des équipes de France, officiels et entraîneurs au bien-être équin,
  • Participation à de nombreux colloques scientifiques nationaux et internationaux.